Pourquoi devenir BCBA BCaBA ?

 

Pourquoi devenir BCBA ou BCaBA ?

 

Cette certification revêt un intérêt pour la reconnaissance auprès de la communauté internationale de l’Analyse du comportement et auprès des personnes (parents, patients, professionnels d’autres domaines) cherchant à contacter quelqu’un dont le niveau de qualification est avéré.

Attention cependant car comme pour toute profession ou diplôme, deux personnes peuvent avoir le même niveau de certification (ex : deux dentistes), mais exercer complètement différemment, avoir une approche humaine et professionnelle ne correspondant pas aux attentes de tous.

Dans l’ouvrage “L’approche Comportementale de l’Autisme : Bonnes et Mauvaises Pratiques, ce qu’il faut en dire” de Leaf, McEachin et Taubman, le chapitre 4 donne de très bons arguments très critiques envers la certification BCBA/BCaBA.

 

BCBA BCaBA, c’est quoi ?

 

BCBA et BCaBA, qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Ces deux termes correspondent à deux niveaux de certification en Analyse du Comportement. BCBA et BCaBA sont des “marques déposées” par l’organisme Behavior Analyst Certification Board (BACB), situé aux Etats-Unis.

Une personne se présentant comme BCBA ou BCaBA est une personne qui a obtenu une certification en analyse du comportement, délivrée par le BACB, certification obtenue après la vérification par le BACB du respect de certaines conditions (voir plus loin “comment obtenir cette certification”) et le passage d’un examen final.

Pour simplifier, les BCBA / BCaBA sont des spécialistes en analyste du comportement :

BCaBA = niveau universitaire de Licence (BAC+3)

BCBA = niveau univesitaire de Master (BAC+5)

Il existe aussi le niveau BCBA-D = niveau universitaire de Doctorat (BAC+8)

Outils et Documents Divers

Sur cette page vous trouverez des articles intéressants, sur des sujets divers, traduits et/ou adaptés

 

Programme pour la diversification alimentaire

La sélectivité alimentaire est fréquente chez les enfants avec autisme. Voici un programme intéressant pour une approche multi sensorielle de l’amélioration de l’acceptation des aliments nouveaux et/ou différents. Il est adapté de “Just take a Bite” de Lorie Ernsperger.

Quelques remarques :

– il est préférable que les aliments que vous proposez à vos enfants soient des aliments que vous mêmes consommez régulièrement (“Pourquoi manger des haricots verts si papa et maman eux-mêmes n’en mangent jamais ?” = “Ne demandez pas à vos enfants de faire quelque chose que vous mêmes ne faites pas…”)

– il faut  voir le travail sur la diversification comme une augmentation de comportements et non pas comme la réduction d’un problème.

Document à télécharger ici.

 

Les effets secondaires négatifs des punitions et des récompenses

Ce document présente certains des effets secondaires potentiels de la punition et du renforcement.

Adapté de Balsam et Bondy (1983) : The negatife side-effects of reward. The Journal of Applied Behavior Analysis, 16(3), 283-296.

 

Correspondance du traitement à haute probabilité au modèle du moment comportemental

Le traitement à haute probabilité est une procédure visant généralement à augmenter la compliance à des instructions qui ont une faible probabilité d’être suivies. Ce traitement dérive d’un concept appelé “moment comportemental”.

Dans ce mémoire, une collègue, Cécile Marichal, Psychologue Spécialisée en Analyse du Comportement étudie le lien entre traitement à haute probabilité et moment comportemental.

Pour toute question, contacter cécile sur son adresse mail “prenomnom@gmail.com” et évidemment vous remplacez prénom par cecile (sans accent!) et nom par marichal.

 


Lovaas

 

Lovaas

 

J’ai choisi d’intituler cet article Lovaas, car justement ce n’est pas ce titre que j’aurais dû lui donner, mais c’est cet écart de langage que l’on retrouve très souvent sur différents forums ou tout simplement lorsque l’on veut faire des “raccourcis”.

Lovaas est le premier a avoir appliqué de façon intensive les principes de l’ABA auprès de jeunes enfants atteints d’autisme. Il a utilisé un curriculum, c’est à dire un ordre d’enseignement des compétences bien particulier (certainement le premier à avoir été publié), mettant l’accent en premier sur l’appariement, la compréhension réceptive, l’imitation non-verbale etc.

Dans la description de son curriculum, Lovaas met en particulier l’accent sur l’enseignement de discriminations de façon très progressive.

C’est cette progression, qui peut paraître très longue et laborieuse, avec des cotations pratiquement pour chaque comportement qui paraît souvent ne pas suffisamment mettre en avant le côté relationnel de l’ABA. Et c’est cette progression et cet aspect “froid” de l’ABA que certains, par généralisation, appellent l’ABA-Lovaas.

 

Selon nous, les oppositions entre les différentes approches VB, Lovaas, Floortime etc. n’ont pas lieu d’être. Les professionnels devraient connaitre un maximum de techniques et d’adaptations possibles de leurs pratiques, afin de s’adapter à chaque enfant et leur permettre de progresser le plus rapidement possible.

 

Chez les enfants lourdement atteints par l’autisme, où est la part d’inconscient ?

 

Chez les enfants lourdement atteints par l’autisme, où est la part d’inconscient ?

 

Le concept d’inconscient a été crée/développé principalement par la psychanalyse, mais n’est plus que très peu utilisé (voire pas du tout) par la psychologie moderne, scientifique et l’analyse du comportement. Alors, y compris pour des personnes au développement “typique”, je ne trouve pas que ce concept soit nécessaire pour comprendre l’être humain.

Un humain, dans une situation donnée, réagit, pense, parle etc. en fonction des différents stimuli autour de lui et en fonction des stimuli qui ont pu être reliés (dans le passé) à différentes expériences (bonnes ou mauvaises). Ainsi, on ne peut pas toujours savoir quels sont les stimuli qui nous font réagir de telle ou telle façon (même après 20 ans d’analyse!). De nombreuses (très nombreuses) de nos réactions ne sont donc pas “conscientes”, dans le sens où l’on ne sait pas quels sont les stimuli qui nous influencent (ni dans quel sens). On pourrait peut être dire que nous réagissons de façon inconsciente…mais ce terme est trop connoté.
Alors, quelle que soit la personne dont on parle ou le handicap, les mêmes mécanismes de fonctionnement s’appliquent.

Vous ne traitez que les symptômes et pas la cause !

 

Vous ne traitez que les symptômes et pas la cause !

 

Quand j’entends ce genre de commentaires ils viennent en général (1) de psychanalystes, (2) de personnes ne connaissant pas grand chose à l’ABA (et les deux vont souvent ensemble). Alors sans vouloir rentrer dans le débat de l’efficacité (ou de la non-efficacité) de la psychanalyse à traiter les causes des comportements voilà ce qu’un analyste du comportement peut répondre.

Lorsque l’on cherche à modifier des comportements, on doit prendre en compte l’individu dans son environnement. En effet, c’est l’environnement qui va faire que des comportements se maintiennent. Cependant, les différences individuelles sont à la base de notre approche et si on ne les prend pas en compte, nos actions sont vouées à l’échec. Si l’on parle de comportements en partiiculiers (la plupart du temps inadaptés), une analyse fonctionnelle précise nous permet d’analyser un comportement de façon suffisamment précise pour le diminuer tout en (la plupart du temps) le remplaçant par un autre comportement adapté… donc on traite le symptôme et la cause.

Si l’on parle de troubles en particuliers, comme l’autisme puisque c’est mon domaine de spécialité, notre façon de voir ce trouble doit être amenée par des informations scientifiques et objectives. Alors, si l’on part des prémisses que l’autisme est un trouble du développement, avec une base génétique et environnementale, lorsqu’un spécialiste ABA propose des programmes éducatifs, il agit sur les deux, cause et symptôme. Mais si l’on part des prémisses que l’autisme est un trouble relationnel, là en effet en ABA on ne s’occupe pas du tout de la cause (relation mère-enfant)…mais cette cause est complètement hypothétique, même “farfelue” (pour être politiquement correct) et toutes les personnes se tenant informées sont au courant de ce fait.

Dans votre approche très technique, vous ne faites pas de place au sujet

 

Dans votre approche très technique, vous ne faites pas de place au sujet

 

(1) Lorsque l’on travaille en ABA, c’est le sujet qui est au centre de toutes nos préoccupations !!! Chaque programme d’apprentissage, chaque procédure de gestion des comportements, toutes les actions que nous proposons doivent être à 100% individualisées et adaptées à chaque cas particulier ! C’est montrer une absence de connaissance totale de ce qu’est l’ABA que de dire que l’on ne prend pas en compte l’individualité de chacun… Si on ne prend pas en compte l’enfant dans son individualité, on est quasiment sûrs d’aller vers un échec de ce que l’on propose.

(2) Evidemment qu’il faut créer une relation avec les enfants avec lesquels on travaille ! S’il n’y a pas de relation je ne pourrai jamais faire mon travail correctement. Mais l’établissement d’une relation c’est aussi un apprentissage. C’est un apprentissage mutuel de ce que l’on peut attendre d’autrui, de ce qu’il peut nous apporter autant d’un point de vue émotionnel que d’un point de vue matériel. Lorsque je rencontre de nouvelles personnes, que ce soit dans le cadre professionnel ou privé, la mise en place d’une relation va dépendre de nombreux paramètres liés à toute notre histoire de vie et à nos réactions actuelles avec la personne. De plus, une relation, comme tout apprentissage est un processus dynamique, elle va être constamment modifiée par différents événements. Ces modifications seront plus ou moins importantes mais elles auront constamment lieu. Alors, le fait de voir l’établissement d’une relation comme un apprentissage nous permet d’emmener cette relation dans une direction positive afin d’atteindre nos objectifs (notamment l’éducation de personnes atteintes d’autisme).

La communication facilitée, vous en pensez quoi ?

 

La communication facilitée, vous en pensez quoi ?

 

Cette méthode est très controversée, et comme dans toute controverse, ce qui peut nous permettre de trancher d’un côté ou de l’autre, ce sont des arguments scientifiques. Surtout lorsque l’on parle de personnes en difficultés, en souffrance, et lorsqu’on parle de sujets comme l’autisme et les TED qui sont encore assez “mystérieux”.

Concernant la communication facilitée, il existe cette recherche (en anglais – pdf – 1.4 Mo) ayant été réalisée en 1995, aux Etats Unis.
Cette recherche a été publiée dans un journal très connu et contrôlé suivant ce que l’on appelle “peer review”, c’est à dire qu’avant publication, toutes les informations sont v érifiées à la loupe suivant les critères scientifiques les plus stricts, ce qui est normal lorsque l’on parle de soins !! Vous ne voudriez pas que votre cardiologue essaie sur vous un nouveau médicament dont l’efficacité n’a pas été vérifiée !!

Les auteurs ont créé trois situations dans lesquelles on posait des questions à l’enfant et il devait répondre par l’intermédiaire du “facilitateur”. Ces questions concernaient ce qui était représenté sur des images :

1 – Le facilitateur et le patient voyaient les mêmes images
2 – Le facilitateur ne voyait pas l’image
3 – Le facilitateur voyait une “fausse image” (et le patient en voyait une autre)

Les résultats sont que le patient n’a tapé les bonnes réponses que lorsque le facilitateur avait accès aux infos, n’a jamais tapé la bonne réponse lorsque le facilitateur ne voyait pas l’image, et a tapé la réponse concernant l’image vue par le facilitateur dans la condition 3 et pas l’image que voyait l’enfant avait accès. Donc il n’existe aucune communication venant de la part de l’enfant !

Référence :
Montee, B. B., Miltenberger, R. G., & Wittrock, D. (1995). An experimental analysis of facilitated communication. Journal of Applied Behavior Analysis, 28, 189-200.

Recherche disponible gratuitement ici en format pdf (1.4 Mo).

Vous donnez des bonbons et des chips aux enfants… C’est du dressage !

 

Vous donnez des bonbons et des chips aux enfants… C’est du dressage !

 

Quand on m’a fait cette remarque je me suis beaucoup interrogé sur la façon d’y répondre.

Il faut savoir que dans la pratique de l’ABA nous prenons toujours en compte les envies, les préférences, les désirs des enfants pour leur proposer des apprentissages qui les “motivent”. Donc, c’est vrai, si un enfant n’est intéressé que par des chips ou du saucisson, je vais utiliser cet intérêt déjà présent pour, à la fois pouvoir enseigner à cet enfant des compétences qui lui seront profitables et pour, en parallèle développer de nouveaux intérêts, de nouveaux renforçateurs dont notamment les renforçateurs sociaux (félicitations – sourires – chatouilles…) et les renforçateurs “activité” (bulles – jouer aux voitures – faire du trampoline par exemple …).

Trop souvent dans des programmes réalisés par des gens se disant spécialistes de l’autisme et de l’enseignement je vois des enfants pour lesquels les préférences ne sont pas prises en compte et ces “spécialistes” n’utilisent que des renforçateurs sociaux (“oui bravo!!” – qui en fait souvent ne sont pas des renforçateurs puisque les enfants n’apprécient pas spécialement ce type de stimulation). Ceci est très dommageable pour l’enfant qui n’apprendra pas aussi vite qu’il le pourrait si l’on prenait en compte ses envies… Imaginez vous à la 25è fois en quinze minutes où l’on vous dit “bravo, tu as super bien réussi”.

Ensuite, concernant le “dressage”, je dois bien rappeler que l’ABA n’a rien à voir avec le dressage d’animaux ou le formatage de petits robots ! Nos objectifs sont toujours à long terme le maximum d’autonomie et d’indépendance possible pour la vie quotidienne. Alors parfois lors de l’enseignement, certains comportements peuvent paraître très automatisés mais ils ne le resteront pas, au fur et à mesure que l’on va construire des compétences complexes sur ces compétences simples.

Alors l’ABA c ‘est du conditionnement ?

 

Alors l’ABA c ‘est du conditionnement ?

 

A question simple, réponse simple : oui, mais tout apprentissage, de la façon d’acheter sa baguette de pain à la résolution d’équations du deuxième degré en passant par la conception d’un site web dédié à l’ABA est réalisé suivant les principes du conditionnement.

Vous voulez peut être que je développe un peu plus ?

OK. C’est ce mot ‘conditionnement’ qui vous fait peur ou vous ennuie ? En fin de compte c’est de cette façon que sont effectués tous les apprentissages de tous les organismes et donc bien sûr des Humains. Lorsque je me suis approché le doigt d’une allumette parce que je trouvais la flamme jolie, j’ai appris (mon organisme a appris) que les conséquences associées à la proximité d’un flamme étaient suffisamment aversives pour que mon corps essaie au maximum d’en rester éloigné. Lorsque vos parents vous ont fait des compliments et des bisous alors que vous étiez tout bébé et que vous avez commencé à sourire, votre organisme a appris que les sourires pouvaient attirer l’attention des personnes autour de vous.

On pourrait trouver une infinité d’exemples de cette sorte car les apprentissages effectués par un organisme tout au long de sa vie sont quasiment innombrables !

Lorsque nous nous occupons d’enseigner des compétences ou de diminuer des comportements (ex : manger des fruits et légumes pour garder la ligne – ne pas parler fort en classe – demander poliment pour avoir à manger), nous devons savoir que c’est l’environnement des organismes qui évoque des comportements et c’est ce même environnement qui renforce (ou pas) ces comportements. Ainsi, l’organisation systématique de l’environnement et l’application de principes scientifiques maintes fois démontrés nous permettent d’être efficaces dans nos actions éducatives, et parmi ces principes scientifiques démontrés figure le conditionnement. Evidemment, dans la grande majorité des cas on ne fait pas référence au conditionnement tel que décrit par Pavlov (conditionnement répondant) mais à un conditionnement nettement plus complexe, le conditionnement opérant.

Je pense que la plupart du temps les gens refusent l’utilisation du terme ‘conditionnement’ car ils pensent immédiatement au chien de Pavlov. En fin de compte lorqu’un analyste du comportement parle de conditionnement, il ne parle quasiment jamais de ce type de conditionnement, mais même si cela était le cas, je ne vois pas ce qu’il y a de mal à dire que nos comportements sont appris et maintenus suivant les mêmes lois que pour les autres organismes. Et je ne vois pas non plus ce qu’il y aurait de mal à utiliser de façon réfléchie et raisonnable ces principes (conditionnement répondant et opérant) afin d’enseigner des compétences … puisque de toute façon c’est suivant ces principes que l’environnement modifie nos réactions et que nous apprenons à nous comporter dans notre environnement.