Lovaas

J’ai choisi d’intituler cet article Lovaas, car justement ce n’est pas ce titre que j’aurais dû lui donner, mais c’est cet écart de langage que l’on retrouve très souvent sur différents forums ou tout simplement lorsque l’on veut faire des « raccourcis ».

Lovaas est le premier a avoir appliqué de façon intensive les principes de l’ABA auprès de jeunes enfants atteints d’autisme. Il a utilisé un curriculum, c’est à dire un ordre d’enseignement des compétences bien particulier (certainement le premier à avoir été publié), mettant l’accent en premier sur l’appariement, la compréhension réceptive, l’imitation non-verbale etc.

Dans la description de son curriculum, Lovaas met en particulier l’accent sur l’enseignement de discriminations de façon très progressive.

C’est cette progression, qui peut paraître très longue et laborieuse, avec des cotations pratiquement pour chaque comportement qui paraît souvent ne pas suffisamment mettre en avant le côté relationnel de l’ABA. Et c’est cette progression et cet aspect « froid » de l’ABA que certains, par généralisation, appellent l’ABA-Lovaas.

Selon nous, les oppositions entre les différentes approches VB, Lovaas, Floortime etc. n’ont pas lieu d’être. Les professionnels devraient connaitre un maximum de techniques et d’adaptations possibles de leurs pratiques, afin de s’adapter à chaque enfant et leur permettre de progresser le plus rapidement possible.

PRT

 

PRT signifie Pivotal Response Training, soit en français Entrainement aux Réponses Pivots. Les réponses pivots sont définies comme « des réponses qui sont centrales pour de nombreuses aires de fonctionnement, de telle façon qu’un changement sur une de ces réponses produira une amélioration sur de nombreux comportements » (R. L. Koegel, Koegel & Carter, 1999). Ce sont : être capable de répondre en prenant en compte différents indices de la situation (en anglais, « responsivity to multiple cues »), la motivation, les initiations et l’autogestion.

Dans la section Téléchargements vous pouvez télécharger mon mémoire de DESS présentant l’application des PRT à l’augmentation des compétences sociales d’un garçon atteint d’autisme en classe ordinaire.

Une partie de ce travail de recherche a été présentée lors du congrès d’Autisme France de novembre 2008. Vous pouvez télécharger la présentation (ici) et l’article (ici), correspondants à la présentation sur le « développement des interactions sociales d’enfants atteints d’autisme avec leurs pairs dans le cadre de l’inclusion en milieu ordinaire »

 Koegel, R. L., Koegel, L. K., & Carter, C. M. (1999). Pivotal teaching interactions for children with autism. School Psychology Review, 28(4), 576-594.

NET

 

NET signifie Natural Environment Training soit en français : Entrainement en Environnement Naturel.

Ce format d’apprentissage est différent des DTT dans le sens où l’entrainement ne se déroule pas dans un arrangement formel et très contrôlé.

Ici les activités vont principalement être guidées par les envies des enfants, dans leur environnement quotidien, les tentatives de réponses sont plus souvent renforcées. Comme le signalent Sundberg & Partington (1998), l’utilisation des DTT et de NET sont complémentaires et peuvent nous aider à modifier/enseigner des comportements différents. Notamment, en ce qui concerne certains opérants verbaux comme les mands l’utilisation d’un format d’enseignement plus « relâché » comme NET permet de prendre plus en compte les EO : la motivation et son aspect dynamique.

 

Sundberg, M. L., & Partington J. W. (1998). Teaching Language to Children with Autism or other Developmental Disabilities. Behavior Analysts, Inc.

VB

VB signifie Verbal Behavior. Ce terme signifie littéralement comportement verbal, et a priori ne devrait s’appliquer qu’à la description de certains comportements (ceux renforcés par la médiation d’autrui).

Cependant il est couramment utilisé aux Etats-Unis (et commence à être répandu en France) pour faire référence à une « approche », un certain type de structuration de l’environnement, proposée aux enfants atteints d’autisme.

Il s’agit alors d’utiliser les principes des comportements verbaux (décrits par Skinner en 1957) dans l’enseignement du langage, mais il s’agit aussi de modifier certaines façons de faire « habituelles » dans l’enseignement des personnes atteintes de trouble du langage. Ainsi, dans les programmes VB, on trouve souvent une cotation de la réussite aux programmes qui n’est faite qu’une seule fois, au début de la journée et qui détermine si tel ou tel comportement doit être travaillé.

De plus, la plupart du temps, une importance très grande est donnée à la « motivation » des enfants, c’est à dire que les instructeurs suivent ses centres d’intérêt et ne l’empêchent que très rarement de faire telle ou telle chose. Aussi, dans les approches VB, l’accent est très souvent mis sur l’enseignement de la langue des signes…

Il existe aussi d’autres différences, mais mon avis est que l’on n’a pas besoin d’une nouvelle « catégorisation » du travail qui est réalisé. Un peu comme dans le principe de parcimonie (fait de limiter, de réduire l’emploi de quelque chose, généralement les détails, les éléments superflus, concept étant une des bases des approches scientifiques), on peut se poser la question de l’utilité de rajouter un mot qui ne fait que décrire l’évolution de la mise en pratique des principes de l’ABA

En effet, lorsque nous faisons de l’ABA, nous avons la responsabilité de nous tenir au courant des évolutions constantes de notre domaine de spécialisation. Alors, si le fait d’utiliser les principes des comportements verbaux dans nos apprentissages permet des meilleurs enseignements, c’est quelque chose que nous devons bien sûr faire … si l’enseignement de la langue des signes rend l’apprentissage des comportements verbaux plus aisé, rapide etc. nous devrons sûrement le faire (mais aussi en fonction d’autres paramètres). Cependant, nous ne ferons rien d’autre que de l’ABA d ‘où selon moi l’inutilité d’utiliser cette classification VB.

Il me semble que cette appellation VB est maintenant plus utile pour les parents qu’y s’y raccrochent pour comprendre quel « type » d’ABA va être proposé à leurs enfants. Nous conseillons plutôt aux parents inquiets de savoir ce qui va être proposé à leurs enfants d’interroger les professionnels sur la façon dont ils vont enseigner à leurs enfants à communiquer et la façon dont ils savent gérer, contraindre et modifier les motivations des enfants.

Skinner, B. F. (1957). Verbal Behavior, New York: Appleton-Century-Crofts

DTT

Les initiales DTT signifient Discrete Trial Training, soit en français : apprentissage par essais discrets. Les essais discrets, ou autrement dit, essais distincts sont des séquences composées de 4 événements :

On utilise ce format d’apprentissage pour enseigner des discriminations par différence avec les apprentissages séquentiels. Dans ceux-ci on enseigne à enchainer une séquence de ‘sous-comportements’, ces sous-comportements ayant été le plus souvent enseignés en DTT avant de les lier les uns aux autres.

1 – présentation d’une instruction (verbale ou non), d’un SD

2 – réponse

3 – conséquence/feedback

4 – ITI (Intertrial interval) = intervalle entre les essais

Chaque essai a donc un début et une fin clairement définis.